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    06/06/2017. Journée des doctorants de l’ED 31 PTS : Fabriquer les mémoires

     

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    Affiche jdd 2017

     

     

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    programme jdd 2017

     

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    Création N. Khelifi-Otmane. JDD 2017 ED31 PTS

     

    Pour la neuvième année consécutive l’École Doctorale 31 « Pratiques et théories du sens » (Paris 8 Vincennes-Saint-Denis) propose une Journée des Doctorants, organisée par un comité de doctorants.

    Le thème de cette année est « Fabriquer les mémoires".

     Lorsque Saint-Augustin, qui définit la mémoire comme le « présent du passé », utilise l’image de l’entrepôt où se déversent et se conservent des trésors d’images et de réflexions, il semble envisager le processus mémoriel uniquement en termes de conservation, puis de restitution d’éléments appartenant au passé. Pourtant, les conflits de mémoire, les interprétations et représentations divergentes d’un même événement semblent contredire cette conception et nous indiquent qu’il y a toujours une intervention individuelle, institutionnelle ou étatique donnant forme et sens à ce passé, et que chaque passé est susceptible d’être mémorisé (mis en forme pour devenir mémoire) différemment selon les individus ou groupes et leurs intérêts propres. La mémoire dépend d’abord d’un processus, conscient ou inconscient, volontaire ou involontaire, de fabrication, elle relève d’un dispositif (au sens foucaldien), d’un ensemble de pratiques, discours, mesures, institutions qui lui donnent forme et la distinguent du rêve, de l’imagination ou du mythe. Le passé n’est jamais, nous apprend Maurice Halbwachs, conservé par la mémoire, il est toujours reconstruit à partir du présent. Aussi le processus de fabrication de la mémoire peut-il être d’abord convoqué comme un outil d’analyse du présent, de ses codes, ses valeurs et ses enjeux, par opposition à l’histoire définie par Marie-Claire Lavabre comme une opération intellectuelle vouée à « instituer une distance entre le passé et le présent » et éviter l’anachronisme.
    Les fabriques de la mémoire sont multiples, de l’inconscient individuel reconfigurant ses souvenirs à la structure étatique qui régit les mémoires officielles, en passant par le laboratoire de l’artiste qui fournit des représentations du passé susceptibles de s’inscrire dans les mémoires collectives. Cette fabrication mémorielle peut être saisie de deux manières, axiologiquement opposées. Manipulation des souvenirs d’un.e patient.e par son analysant.e, d’un collectif par ceux qui le gouvernent (ou désirent le gouverner), la fabrication mémorielle peut se présenter comme un outil de falsification, d’occultation ou de contrôle des croyances sur le passé. Elle représente alors un puissant et dangereux « capital de pouvoir » (Nora, 1979). A l’inverse, la fabrication de la mémoire peut être un terrain d’expérimentation pour l’artiste produisant des mémoires fictives et introduisant volontairement du flou dans la distinction entre des éléments de réel et des éléments de fiction, ou un espace de revendication pour les groupes qui s’unissent ou se réunissent autour de la mémoire totémique qu’ils travaillent à ériger. La dualité de ce processus est à la fois accentuée et reconfigurée par l’apparition de nouveaux outils numériques, Internet passant à la fois pour un moyen d’ouvrir au plus grand nombre les outils mémoriels, un espace de libre contestation des récits historiques hégémoniques et le vecteur d’une parole incontrôlée, où histoires et mémoires peuvent être manipulée à des fins complotistes. Cette journée a vocation à interroger l’ensemble du processus de fabrication mémorielle, ses divers acteurs, ses conditions, ses conséquences et les logiques qui le sous-tendent. 

    L’évènement se déroulera le mardi 6 juin 2017 de 9h à 16h30 au bâtiment B - Salle B. 106 (1er étage) à l’Université Paris 8 (métro Saint-Denis Université, ligne 13)

    Contact pour inscription avant le 2 juin 2017 : ed31.jdd@gmail.com

     

    Programme

    9h : Accueil des participant.e.s

    9h30 : Présentation de la journée

    Table ronde 1 : Persister par la mémoire

    10h : Valentine PROUVEZ (Montpellier 3) : « La "mémoire normative " : synthèse et réécriture perpétuelle du sens, de la continuité d’une existence »

    10h20 : Morgane SEDOUD (Paris 8) : « Le parcours d’Erling Hansen, entrepreneur de mémoire »

    10h40 : Charlotte THEVENET (Paris 8 / UCL) « L’autocitation comme fabrique de la mémoire dans l’œuvre de Jacques Derrida »

    Discussion modérée par : Nedjma KHELIFI-OTMANE

    Pause

    Table ronde 2 : Réécrire le passé

    11h50 : Edina ZVRKO (Paris 8) : « "La logique de naïveté " : écrire pour supprimer le mal du passé et empêcher sa répétition à travers l’histoire

    12h10 : Nicholas DAWSON (UQAM) : « Décrire l’absence : l’ekphrasis comme structure de la postmémoire dans 6 preguntas para un pais, Chile d’Enrique Ramirez »

    Discussion modérée par Zsófia SZATMÁRI

    Déjeuner

    Table ronde 3 : Mémoires refoulées, mémoires retrouvées

    14h00 : Saber RADDAOUI (Paris 8/ Tunis El Manar) : « Au flou de la mémoire. Le cas du Livre des Questions d’Edmond Jabès »

    14h20 : Farid NAMANE (Université de Lorraine) « La mémoire de la "guerre d’Algérie " en France : la construction d’un "oubli de fuite" »

    Discussion modérée par : Tiphaine CATALAN

    Pause

    Table ronde 4 : Mémoires de la répression

    15h30 : Ulysse MENTOR (Paris 8) : « Mémoire de la violence de la dictature des Duvalier dans Le Nègre crucifié de Gérard Etienne et Bain de Lune de Yanick Lahens »

    15h50 : Lolita TODESCHINI (Université Bordeaux-Montaigne) « Construire un cinéma de l’irreprésentable : Garage Olimpo de Marco Bechis »

    Discussion modérée par Guadalupe DEZA